Les films avancent comme des trains dans la nuit.

François Truffaut – La Nuit américaine

[arnaud-fait-son-second-film-posterTitre programmatique s’il en est, Arnaud fait son deuxième film raconte les difficultés qu’Arnaud Viard a rencontrées pour réaliser son deuxième long métrage, dix ans après Clara et moi. Dans ce film, Arnaud Viard évoque toutes ces choses essentielles qui ponctuent une vie, la naissance, la maladie, la mort, l’échec, l’engagement, le travail, l’amour. Devant tous ces thèmes rebattus encore et encore, on pouvait craindre le pire, à savoir un film convenu et un peu mièvre. Or il n’en est rien ou presque car le réalisateur traite tous ces sujets avec un humour joyeux et un charme modeste mais irrésistible.
Arnaud Viard dessine le portrait d’un artiste vieillissant confronté aux difficultés de toutes sortes. Difficultés professionnelles, toutes ses tentatives de réaliser un deuxième long métrage après le succès prometteur du premier ont échoué. Difficultés familiales, sa mère avec qui il entretient une complicité apaisante meurt, ses sœurs se disputent l’héritage. Difficultés amoureuses, le désir pour sa femme s’est émoussé jusqu’à disparaître complètement, impossibilité d’avoir un enfant, échec d’un nouvel amour. Cet homme à la dérive refuse pourtant de se laisser abattre et veut croire à la possibilité d’un renouveau.

Mélange habile d’éléments autobiographiques et fictionnels, Arnaud fait son deuxième film interprété par le réalisateur – comédien dans le rôle principal et par Irène Jacob, Louise Coldefy la révélation du film, Nadine Alari, Cécile Rebboah et Frédérique Bel entre autres évoque avec une distance bienvenue le monde du cinéma et de la télévision, un univers parfois étrange et souvent violent. Un monde qu’il connaît bien et qu’il n’hésite pas à égratigner comment en témoignent certaines scènes d’improvisation avec ses élèves du Cours Florent.

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Arnaud Viard nous offre avec ce deuxième long métrage un film émouvant et généreux. Un film qui tient beaucoup au charme de ses interprètes et à un ton qui sait éviter la complaisance. Souhaitons qu’Arnaud Viard n’ait pas à attendre dix ans avant de réaliser son troisième film.