Chaque fois que je lui écrivais, je mettais sur l’enveloppe : « Mademoiselle Framboise Dorléac » pour être certain qu’elle lirait ma lettre en souriant.

François Truffaut 

Flash-back de trente ans. Une jeune étoile qui file à toute vitesse vers l’aéroport de Nice s’embrase littéralement au volant de sa voiture. La conductrice est belle. Actrice déjà célèbre. Crash d’une promesse scintillante en route vers la lumière… Ce fait divers pourrait être la trame d’un film d’Alfred Hitchcock, De Brian de Palma, de David Cronenberg ou encore de Davich Lynch.

L’héroïne ressemblait à une Julia Roberts avant l’heure. Timide et exubérante. Avec des taches de rousseur et de longs cheveux libres qui adoucissaient et dissimulaient les angles de son visage. Avec d’immenses yeux de chat qui démentissaient par leur velours la nervosité de ses gestes abrupts. Avec une présence insolente accentuée par une voix au timbre presque rauque, au débit en cataracte. Avec l’élégance d’un mannequin alliée à la souplesse d’une danseuse infatigable. Avec un talent si éclatant qu’il fait s’élever et s’agrandir l’écran lorsque son visage et son corps apparaissent. Hélas, ce fait divers n’est pas une histoire de cinéma.

La jeune étoile qui s’est éteinte après quinze films – Belle au bois dormant pour tout le temps – ne cesse de briller dans nos mémoire. D’un reflet précieux dans Cul de sac de Roman Polanski et La Peau douce, la seule oeuvre lyrique de François Truffaut. D’une clarté éblouissante dans L’Homme de Rio de Philippe de Broca et surtout dans Les Demoiselles de Rochefort, l’opus de la félicité dans l’univers clair obscur de Jacques Demy.

Nom : Dorléac

Prénom : Françoise

Profession : formidable comédienne au tempérament de star

Signe particulier : immortelle parce qu’irremplaçable