Je sais que je ne serai jamais heureuse, mais je peux être gaie.

Marilyn Monroe – Fragments. Poèmes, écrits intimes, lettres

Les mots sur Marilyn Monroe ne cessent de s’écrire. Deux livres tentent d’approcher le mystère de l’inégalée au panthéon du 7e art. Auteurs/Icare brûlés par l’incandescence du mythe MM …

MARILYN 1962 de Sébastien Cauchon – Éditions Stock

marilyn_1962_stock_sebastien_cauchonL’auteur, un fan de la première heure, tombé amoureux en voyant une photo de la star alors qu’il n’avait que 12 ans, n’a depuis jamais cessé de s’intéresser à elle, lisant tout ce qui se publiait sur l’actrice, collectionnant articles, photos, objets.
Pour ce livre qui retrace les derniers mois de la vie de Marilyn Monroe, il choisit de s’intéresser au quotidien de l’actrice et de passer sur les événements les plus connus qui sont aussi souvent les plus scabreux. Son livre se compose de douze chapitres, chacun portant le prénom d’un proche dont il dessine le portrait. Douze personnes qui vivaient dans l’ombre de l‘actrice, des intimes tous employés par elle, souvent grassement rémunérés et qui formaient ce qu’il convient de nommer son entourage. Parmi ces personnes, certains sont bienveillantes, d’autres beaucoup moins, voire néfastes. Paula Strasberg qui, en plus de manipuler la star, avait des prétentions financières excessives. Ralph Greenson, son psychiatre, à l’influence désastreuse  avérée, qui non seulement s’immisçait dans sa vie professionnelle mais la bourrait de barbituriques. Eunice Mackay, sa gouvernante, celle qui lui dénicha la seule maison dont Marilyn fut jamais propriétaire et qui observait une surveillance jalouse selon les directives de Greenson. Parmi tous ces proches, quelques personnes sincères, sincèrement attachées à la star peroxydée. May Reiss sa secrétaire particulière qui se refusa toujours à parler à la presse. Pat Newcomb, son attachée de presse. Ralph Whitney, son maquilleur qui peignit avec une dévotion méticuleuse son dernier visage parce qu’il le lui avait promis même s’il dut pour cela avaler une bouteille de gin !

À travers les descriptions des relations que Marilyn entretient avec ces proches et les relations qu’ils entretiennent entre eux, relations souvent houleuses, voire même carrément conflictuelles, on découvre une femme complexe, talentueuse, perfectionniste, très généreuse le plus souvent, dure et intransigeante parfois. Une femme fragile certes, mais dotée d’une détermination et d’une volonté implacable. Une femme qui tout en n’étant dupe de rien ni de personne, se laissait trop souvent abuser par des gens sans scrupules.

Le livre écrit avec pudeur et tendresse fourmille de nombreuses anecdotes, de détails précis qui composent une évocation précise, bouleversante, et donne à voir la femme privée derrière l’icône adulée de tous et pourtant si seule, celle qui pouvait dire, deux jours seulement avant sa mort : « Je vis maintenant surtout pour mon travail et les quelques personnes qui m’entourent et sur qui je peux vraiment compter », ces personnes dont elle déplorait également « … des gens que j’engage, ceux que je paye », regrettant de ne jamais pouvoir « être entourée d’amis, des amis qui n’attendraient rien de moi ». Bouleversant et magnifique.

MARILYN X de Philip Le Roy – Le Cherche Midi éditeur

marilyn_x_philipe_le_roy_belfondEt si Marilyn n’était pas morte le 5 août 1962 ? Si sa mort n’avait été qu’une mise en scène ?… C’est la thèse surprenante que développe Philip Le Roy dans ce roman aux airs de thriller. Il faut dire que les circonstances troubles du décès de la star sont propices à l’élaboration d’une histoire qui, pour être stupéfiante n’en est pas moins plausible, même vraisemblable. 
Un couple de Français en voyage découvre dans une maison dévorée par les flammes perdue au fin fond du Nouveau Mexique, un cadavre calciné et des carnets partiellement détruits. Intrigués, ils commencent à lire les passages qui ont été épargnés par l’incendie, découvrent des faits sur Marilyn Monroe que seule l’actrice ou une personne très proche d’elle pouvait connaître, les détails sordides du dernier weekend que la star a passé dans le ranch de Franck Sinatra dans le Nevada, des détails sur les relations que les Frères Kennedy entretenaient avec Sam Giacana, le patron de la mafia de Chicago et bien d’autres confidences aux allures de secrets. Ils s’interrogent : qui est l’auteur de ces carnets ?… Ils ne savent même pas s’il s’agit d’un homme ou d’une femme, seulement que cette personne dit partager sa vie avec un être, à l’identité également inconnue qu’il qualifie de monstre.

Ce livre remarquablement documenté et rondement mené, grâce à un scénario audacieux et à une intrigue aussi captivante que roublarde, nous embarque dans un fascinant jeu de piste, une quête de vérité époustouflante ou rebondissements, révélations, rencontres, personnages hauts en couleurs, paysages inquiétants abondent, ne cessent de nous étonner. Pour nous raconter cette histoire rocambolesque, l’auteur convoque son imagination débridée mais n’oublie pas d’étayer son récit sur des faits réels, des archives du gouvernement fédéral américain, des témoignages, des rapports d’enquête, des expertises médicales.
 L’écriture fluide et le style dynamique nous accrochent, nous portent tout au long de ce voyage entre réalité et fiction. L’identité du narrateur révélée à la toute fin sera la dernière surprise de ce polar original qui propose au-delà du mythe vu et revu un hommage vibrant à une femme forte, déterminée, décidée à prendre sa vie en mains même s’il lui faut pour cela disparaître. Brillant et diablement réjouissant. À lire sans plus tarder.

Pour le plaisir, cette Blonde que préférait les Hommes…